La Chapelle de Mordreuc


ruines de la chapelle Sainte-Ouine

Ce charmant petit village, voisinant le château de Quincoubre, est essentiellement formé de longères. Les quelques rues qui le désservent n'ont pas de trottoirs. En guise de bordures, les habitants y plantent une multitude de fleurs, parant ainsi le hameau des couleurs les plus chatoyantes.

Il doit sans doute son nom à l'ancienne chapelle Sainte-Ouine, située à l'entrée d'un manoir, dédiée à Saint-Ouen, archevêque de Rouen et patron des marins.. Cet édifice construit au 17ème siècle fait désormais partie d'une propriété privée et il n'en reste plus que quelques murs branlants. La seule partie encore couverte, à droite sur la photo, sert désormais de hangar ... La Chapelle de Mordreuc est le théâtre, une fois par an, au mois d'août, dans un champ de blé situé à l'extrémité du hameau, le long de la départementale, d'une fête réunissant un nombre important d'anciens métiers : la fête du blé.

Traversez le village par sa rue principale, en direction de la Rance. Après une courbe à angle droit (bordée à gauche par un verger à pommes), vous trouverez, un peu plus bas à gauche, parallèle à une petite ferme, l'ébauche d'un sentier formé entre deux champs.

château de Péhou

Empruntez-le : il vous mènera au bord de la rivière. Dans sa descente parfois un peu raide, vous apercevrez au milieu des arbres, sur l'autre rive, une construction paraissant surgir d'une autre époque :

Sur la Pointe du Chêne Vert, le château de Péhou, dominé par une tour crénelée, se mire dans les eaux de la Rance. Plus loin, vers le nord, se profile le pont Saint-Hubert cachant à peine le pont Chateaubriand dont l'arche massive surplombe la rivière.

En amont, toujours sur la même rive, les quelques maisons de La Moinerie bordent l'estuaire, derrière leur cale et une petite digue de granit. Elle servait d'embarcadère tout en protégeant les habitations des marées les plus hautes, avant que l'usine marémotrice de la Rance n'en canalise les eaux. Jusqu'à cette époque, cet endroit était un gué permetant de passer d'une rive à l'autre lors des marées basses.

Tout au bout de la descente, vous déboucherez sur les rives de la rivière.

La Moinerie

En suivant le même sentier, longeant parfois la rive et parfois les champs, vous pourrez admirer tout à loisir les différentes perspectives d'une courbe douce venant de la ria du moulin du Prat et se dirigeant vers la cale de Mordreuc. Si la marée est basse, pas de problème : vous pourrez fouler la grève parfaitement à sec. Si elle est au plus haut niveau, vous risquez de patauger quelque peu sur une étendue herbue mais imbibée d'eau de mer ...

A quelques centaines de mètres, vous grimperez sur ce qui paraît être une digue mais qui, en réalité, était dans le passé un quai où règnait une activité que le calme d'aujourd'hui à cet endroit ne peut laisser soupçonner.

ruines du four à chaux de Mordreuc

Il faisait partie des divers aménagements nécessaires au transport des matières obtenues à partir d'un artisanat aujourd'hui disparu : la calcination des terres calcaires, abondantes tout au long de la vallée.

Adossé à la falaise, un four à chaux a fonctionné à cet endroit jusqu'au début du 20ème siècle. Vous pourrez en observer quelques rares vestiges : les pierres d'un mur encore solidement arc-bouté contre la paroi granitique. Il y atteste de la présence d'un métier qui fut, lui aussi, à l'origine d'une navigation intense sur la rivière.

Aujourd'hui, l'ancien quai est devenu une petite esplanade tranquille dont les eaux de la Rance n'effleurent plus que les bases.

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